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Et si notre corps savait avant nous ?

il y a 4 jours
4 min de lecture

Retrouver le contact avec son corps et apprendre à l’écouter


Quand avez-vous réellement pris le temps de sentir votre corps aujourd’hui ?


Cette question peut sembler simple. Pourtant, dans nos vies quotidiennes, nous sommes souvent davantage en contact avec nos pensées qu’avec nos sensations. Nous réfléchissons, anticipons, organisons, travaillons, courons d’un rendez-vous à l’autre. Notre attention est constamment sollicitée.

Et notre corps, dans tout cela ?


Il continue de respirer, de bouger, de ressentir. Il nous accompagne à chaque instant. Mais nous ne l’écoutons pas toujours. Parfois, nous ne remarquons notre corps que lorsqu’une douleur apparaît, lorsqu’une fatigue devient trop importante ou lorsqu’une tension nous empêche de continuer comme avant.


Pourtant, le corps communique bien plus tôt.



Un corps que l’on utilise, mais que l’on n’habite plus toujours


Nous pouvons être très familiers avec notre corps tout en étant relativement déconnectés de lui.

Nous savons à quoi il ressemble dans le miroir. Nous savons ce qu’il est capable de faire. Nous pouvons chercher à le renforcer, à l’assouplir, à le transformer ou à le maintenir en forme.

Mais savons-nous réellement ce qu’il nous fait ressentir ?


Cette distinction est importante. Regarder son corps n’est pas nécessairement le ressentir, faire bouger son corps n’est pas nécessairement être en lien avec lui.


Il arrive que nous fonctionnions essentiellement « depuis la tête », en mettant momentanément de côté nos sensations pour répondre aux exigences de notre quotidien.


Nous pouvons alors perdre progressivement l’habitude de percevoir certains signaux : une respiration plus courte, une tension dans les épaules, une mâchoire serrée, une sensation de fatigue, un besoin de mouvement ou, au contraire, un besoin de repos.


Reprendre contact avec son corps commence souvent par quelque chose de très simple : s’arrêter suffisamment longtemps pour ressentir.


Le corps parle, mais il ne parle pas toujours avec des mots


Une sensation corporelle n’est pas nécessairement un message qu’il faudrait immédiatement interpréter.


Une tension dans le ventre ne signifie pas automatiquement telle ou telle émotion. Une posture ne possède pas une signification universelle. Le corps est plus subtil que cela.

Il nous donne avant tout des informations sur notre état du moment:


Comment est ma respiration ?Quels sont mes appuis ?Est-ce que je me sens stable ?Est-ce que mon corps a envie de bouger ?De ralentir ?De s’étirer ?De prendre de l’espace ?Ou simplement de se déposer ?


Ces questions nous invitent à développer une écoute corporelle, plutôt qu’à chercher à tout analyser.

Et cette écoute peut devenir une véritable ressource.


Retrouver le chemin du corps par le mouvement


Le mouvement peut être une porte d’entrée particulièrement intéressante pour renouer avec son corps.


Il ne s’agit pas nécessairement de danser, de réaliser une chorégraphie ou de rechercher une performance. Il peut simplement s’agir de déplacer lentement une partie du corps, de sentir le poids d’un pied au sol, de suivre sa respiration, de laisser un bras se mettre en mouvement ou d’explorer différentes façons de marcher.


Lorsque nous cessons de nous demander si nous faisons « correctement », nous pouvons commencer à nous demander : « Qu’est-ce que je ressens lorsque je fais cela ? »


Le mouvement devient alors moins une action à accomplir qu’une expérience à vivre.

C’est notamment ce qui peut être exploré dans la danse-thérapie : utiliser le mouvement, les sensations, l’espace et la relation pour favoriser une meilleure conscience de soi.


Reprendre contact, pas à pas


Se reconnecter à son corps ne se fait pas forcément en une seule fois.


Pour certaines personnes, le corps a été tellement sollicité, contrôlé ou mis à distance qu’il peut être difficile de revenir immédiatement à une écoute fine des sensations.


Il peut alors être nécessaire d’avancer progressivement. Commencer par sentir ses pieds au sol.

Observer sa respiration sans chercher à la modifier. Prendre conscience de ses appuis. Marcher en portant attention au mouvement. S’étirer et remarquer ce qui change.

Fermer les yeux quelques instants et simplement observer les sensations présentes.

Il n’y a rien à réussir.


Il s’agit plutôt de réapprendre une forme de familiarité avec soi-même.


Habiter son corps plutôt que simplement y vivre


Nous parlons souvent de « prendre soin de son corps ».

Mais peut-être pouvons-nous aller un peu plus loin : apprendre à l’habiter.


Habiter son corps, c’est pouvoir y être présent. Reconnaître ses sensations. Respecter ses limites. Sentir ses besoins. Accepter également qu’il ne soit pas toujours identique, performant ou disponible.


C’est comprendre que notre corps n’est pas seulement une enveloppe ou un outil. Il est aussi notre premier espace de perception et de relation au monde.


Lorsque nous retrouvons cette relation, quelque chose peut progressivement changer : nous ne sommes plus uniquement dans une logique de contrôle du corps, mais dans une relation d’écoute avec lui.


En Corps Éveillé


Dans mon approche de la danse-thérapie, le mouvement devient un moyen d’explorer cette relation au corps avec douceur et sans recherche de performance.


Il ne s’agit pas de demander au corps de faire davantage. Il s’agit parfois simplement de lui redonner une place, car avant de chercher à changer notre corps, nous pouvons peut-être commencer par nous demander : « Est-ce que je suis encore en lien avec lui ? »


Et si retrouver ce lien était déjà une première manière de prendre soin de soi ?



 
 
 

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